Villa Rhena

Un espace d'échange, de coproduction et de promotion
pour les artistes, les artisans et les industriels rhénans.


Werner Ewers


« Il y a un temps pour jeter des cailloux et il y a un temps pour les collectionner »

Je lis cette phrase  affichée au mur de l’atelier de Werner Ewers  et notre échange commence sur le thème des pierres et des cailloux.

Enfant, il rapportait des cailloux et des pierres à la maison. Son père trouvait cela formidable et lui a donné une caisse en bois avec des étagères sur lesquelles  ses pierres mais aussi ses papillons pouvaient être conservés. Jamais son père ne demandait à vérifier ses devoirs. Werner Ewers a vécu une enfance très libre. Il était éduqué de telle manière qu’il pouvait faire ce qu’il voulait. Il fallu quand même qu’il apprenne quelque chose. Il ne savait pas ce qu’il voulait apprendre. Il fit un apprentissage commercial. Cet apprentissage fût vécu de manière catastrophique. Il eut beaucoup de conflit avec son chef. A la fin de l’apprentissage, il quitta l’entreprise.

Comment est-il passé du commerce à l’Art ? Un ami lui a donné le courage de continuer à peindre et à dessiner. Son expérience artistique était très limitée. Il ne connaissait que les peintures et les photos kisch que son père encadrait pour gagner de l’argent dans son atelier.

Sa mère était très douée de ses manuellement. Elle avait initié son père à l’ébénisterie afin qu’il puisse nourrir la famille. Elle était elle même une bonne couturière ce qui lui permettait de subvenir aux besoins du ménage.

Le père travaillait dans plusieurs professions. Il était calme, soigneux, il n’a jamais grondé son fils. Il li disait : « Installe tes pierres dans l’étagère. Si cela te plaît, alors c’est beau ».

Werner Ewers dit que là est le départ de sa pensée artistique.

Il est allé ensuite à l’école des Arts Décoratifs de Strasbourg. Son cercle d’amis était déjà à l’époque franco-allemand. On parlait français pendant les cours. Il n’avait pas de problème concernant la langue.

Cependant, il eut des problèmes avec les professeurs malgré sa bonne motivation et son travail intensif. Il savait enfin ce qu’il voulait apprendre et est très vite devenu le meilleur élève de sa classe. Il eut une remarque : « caractère insoumis » après des conflits importants avec un professeur particulièrement sévère et borné.

Bien qu’étudier à Strasbourg soit une expérience difficile, Werner Ewers a eu l’occasion de rencontrer un professeur et artiste qui l’a soutenu dans ses projets. Il s’agissait de Camille Claus. Il discutait avec lui après les cours chez lui à la maison. Tout comme son père, ce professeur lui a plutôt donné la possibilité de «  penser »  plutôt que de dessiner et peindre.

Il décida de s’inscrire à Stuttgart à l’Académie des arts. Il étudia la peinture. Il se trouva dans un  autre monde, dix fois plus grand qu’à Strasbourg et la totale liberté y  régnait . Le professeur ne faisait que donner  une impulsion. On peignait beaucoup à l’extérieur. Les étudiants devaient s’organiser eux-mêmes. Le changement a été difficile à vivre.

Malheureusement, le père devint malade et Werner Ewers dût retourner à Kehl pour soutenir sa famille. Il travailla à nouveau dans le commerce, se maria, eut un enfant handicapé. Ces évènements l’ont éloigné pour une longue période du monde de l’Art. Il devait gagner de l’argent et n’a pas beaucoup peint.

Les difficultés dans le monde du travail et de la famille étaient très grandes. Il avait un besoin d’harmonie et la  trouvait en se mettent à peindre la nuit.

Il n’était pas content de ses peintures, elles étaient trop tristes. Une nuit, il commença  la sculpture.

La première sculpture est en ardoise et en bois, elle est pleine d’harmonie. Personne ne l’a achetée jusqu’à présent. On peut la voir actuellement à l’hôtel du Dragon à Strasbourg.

Après de nombreuses années de repos artistique, sa créativité explosa. Il put enfin créer une sculpture belle et de forme élégante. Il réussit à créer de l’harmonie à travers son Art et contrôler cette harmonie avec ses mains. On peut, on doit toucher les sculptures de Werner Ewers. Elles n’existent pas que pour les yeux.  «  Les yeux trompent  » dit-il. Il y a eu une exposition dont le titre était : « S’il vous plaît touchez, pour saisir l’Art »

Camille Claus décrivait la sculpture de cette manière : «Taillées dans un bloc d’ardoise, découpées dans du bois de peuplier blanc, Werner Ewers symbolise le Ying et le Yang, l’éternel féminin-masculin et les pôles inséparables de la lumière et de l’ombre. Son art, imprégné de mesure et de retenue plonge dans les profondeurs du principe où l’harmonie, la beauté et la paix sont créés ».

Il essaie toujours de confronter les contrastes : pierre et bois, blanc et noir, froid et chaud, rude et doux.

Werner Ewers réussit à créer une harmonie que l’on peut toucher. Il forme un lit pour la pierre, une maison de la même façon qu’il avait déposé ses pierres et ses papillons dans l’étagère quand il était enfant.

Nous sommes là et nous admirons la création de la nature qu’il a mise en valeur… Et nous ressentons une harmonie intérieure.

 



® Villa Rhena - Mentions légales - Webmaster - Réalisé avec MasterEdit®