Villa Rhena

Un espace d'échange, de coproduction et de promotion
pour les artistes, les artisans et les industriels rhénans.


Vinca Schiffmann


Vinca a été invitée à peindre et dessiner très tôt dans son enfance : sa mère est artiste..

A l’âge de 4 ans, elle peut déjà  utiliser le matériel  le plus précieux : toiles et peintures . Elle possède encore le premier tableau qu’elle a réalisé.

Sa mère l’a beaucoup félicitée, elle a admiré ses œuvres sans réserve.

L’environnement était donc encourageant pour Vinca. : elle a pu manipuler, essayer, utiliser du matériel d’artiste varié autant qu’elle le voulait…

Peut-être plus qu’elle ne l’aurait voulu……

 

Son regard sur sa petite enfance est nostalgique.

Vinca se décrit comme timide, farouche depuis toujours.

Aurait-elle manqué de jeux en liberté avec d’autres enfants hors de l’atelier d’artiste ? C’est une question qu’elle se pose.

Mais elle a continué la voie,  grande ouverte par sa famille.

Elle dessine beaucoup et partout jusque sur les mains de ses camarades.

C’était une manière de communiquer, d’être en relation avec les autres.

Un oncle qui travaille la couture lui donne la possibilité d’utiliser des tissus en grande quantité. Sa tante lui offre des tenues et des robes de haute couture qu’elle porte pour aller au lycée.

Elle se fabrique des vêtements  extravagants , des chapeaux, des jupes à paniers  pour aller en cours au lycée des Pontonniers.

Elle est bonne élève, les professeurs tolèrent sa manière d’être.

Elle est toujours aussi timide : plus à l’aise en actes qu’en paroles.

Elle parle avec ses vêtements.

A 15 ans, elle réalise 2 collections de 80 vêtements.

Ses parents lui permettent d’organiser un défilé de mode dans leur grand appartement. Des amies sont les mannequins.

Un article des DNA de l’époque relate l’événement.

Elle séjourne aux USA avec ses parents. L’école catholique où elle doit porter l’uniforme ne lui plaît pas.

Elle quitte l’école et accompagne sa mère aux ateliers de peinture.

C’est au retour des Etats-Unis qu’elle décide de faire des études dans une école de commerce dans le but d’ouvrir une maison de couture.

Elle part à Lyon, arrête sa production artistique et se consacre aux études de commerce.

Elle vit à New-York une année. Dans sa petite chambre, elle recommence à peindre et dessiner.

Toute la chambre est décorée de peinture qui font penser à des plans de ville.

En rentrant en France, elle s’exerce dans différentes directions : des autoportraits, des visages tourmentés. Elle cherche à choquer.

La peinture est un espace, un temps où elle se sent bien dans une période de vie où elle cherche sa voie parmi les multiples possibles.

Elle entre aux Art déco de Strasbourg. La formation lui permet de structurer sa démarche, de se faire une place dans le monde des artistes.

Elle utilise ses connaissances en gestion commerciale pour créer son association qui anime des cours de stylisme.

Elle travaille pour des contrats éducatifs locaux avec un collaborateur styliste originaire du quartier. Le stylisme est devenu un outil d’insertion.

Dans ce contexte, le vêtement est à nouveau un mode d’expression, de communication et il permet de créer des liens, de provoquer des rencontres.

Cependant elle sépare nettement son activité artistique et son activité sociale, éducative même si le vêtement, l’enveloppe corporelle sont présents dans les 2 domaines qui animent la vie de Vinca.

Son travail artistique actuel articule les thèmes qui l’occupent depuis toujours : le  vêtement, les bijoux, la peinture, le dessin.

Elle s’inspire de la période de la Renaissance et crée des vêtements qui ne sont pas destinés à  être portés. Chaque pièce est unique. 

Le corps suscite une émotion, la chair peut être à vif dans une robe élégante. Elle joue avec les contrastes : séduisant- rebutant.

Vinca s’est distanciée du vêtement, des bijoux du monde de la mode qu’elle a fréquenté de manière très passagère pour aller vers le vêtement-bijou qui est une oeuvre d’Art.

Fabriquer des vêtements en mélangeant les matières : fourrure, résille, tissu, collants, bas, fabriquer des bijoux , tout cela lui apporte un soulagement.

Le vêtement est une protection du corps, une couche supplémentaire qui exprime une identité.

Les vêtements d’Art de Vinca  sont décorés de liens, de cordons qui relient les morceaux entre eux : ils sont aussi des vaisseaux, des intestins, des cordons ombilicaux.

La vie circule en dedans et en dehors du corps qui se monte à voir.
Le chemin de Vinca, depuis les apparitions en costumes extravagants au lycée jusqu’au robes-sculptures semble très tortueux mais finalement , le « fil rouge » apparaît très nettement dans tous les détours : c’est le corps développé, enveloppé de parures qui parle tout haut.


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