Villa Rhena

Un espace d'échange, de coproduction et de promotion
pour les artistes, les artisans et les industriels rhénans.



Paul Meyer est né le 5 décembre 1940. Sa date de naissance parle d’elle-même

Son histoire traverse des manières de vivre et de travailler bien différentes et il résume ses projets en 2 propositions :

« Exercer  un métier qui embellit la vie » et « Rassembler des talents »

Son père était entrepreneur. L’entreprise existait depuis 1870, fondée par son arrière grand-père.

Paul Meyer part à l’âge de 12 ans dans un internat en Normandie : « L’Ecole des Roches ». Il y est resté durant 6 ans et ne revenait dans sa famille qu’à Noël, à Pâques et aux grandes vacances. Il garde un très bon souvenir de ce temps scolaire pendant lequel, en plus des études, il a pu exercer de nombreuses activités : Ateliers de dessin menuiserie théâtre, cinéma, sport… et se faire des amis avec lesquels il garde toujours des relations.

 La devise de l’école était : « Pour la vie, bien armé ».

 Monsieur Garonne en était le directeur. Il avait pour objectif de développer un esprit collectif chez les élèves : les grands étaient responsables des petits. Il s’agissait, en plus des apprentissages de former le caractère des enfants.

Paul Meyer voulait devenir « ensemblier décorateur ». L’entreprise familiale possédait déjà un bureau d’étude.  Pour réaliser son projet, il est entré à l’école des Arts décoratifs de Strasbourg. Le directeur était François Cacheux à  l’époque. Celui-ci voulait rénover l’école en favorisant la créativité par le dessin, ainsi que les projets communs à plusieurs ateliers existant à l’école des Arts Décoratifs (en allemand Kuntsgewerbe Schule)

Au bout de 4 ans, Paul Meyer est obligé de partir à l’armée. Un colonel a remarqué ses capacités linguistiques et lui a permis de partir à Tübingen dans le cadre d’échanges de casernes françaises et allemandes. De cette expérience intéressante en Allemagne où il avait déjà effectué des stages, il garde un très bon souvenir. Il a aussi eu la possibilité de travailler en Angleterre pour perfectionner son anglais.

Si son grand-père n’est jamais parti en vacances, cela ne se faisait pas à cette l’époque difficile, son père avait l’esprit ouvert sur le monde et l’encourageait à se former à l’étranger.

Paul Meyer est parti travailler à Paris dans une entreprise de menuiserie décorative et ….Il a épousé la fille du patron.

Son père  malade, fragile pendant une longue période est décédé à l’âge de 54 ans. Paul Meyer a choisi de revenir en Alsace avec son épouse.

Les beaux parents venaient  soutenir  la petite famille et ces visites ont donné l’occasion à Paul Meyer de découvrir la riche région architecturale du Baden-Württenberg  avec comme guide son beau-père parisien.

Une période très difficile a suivi le décès du père. Il fallait, en tant que fils du patron faire sa place devant le personnel qui l’avait connu enfant. Il fallait donner une nouvelle orientation à l’entreprise familiale centenaire tout en respectant une culture d’entreprise et continuer de garantir la qualité de travail. Paul Meyer a relevé le défi, entouré de ses frères associés et soutenu par son épouse et sa belle famille. La société avait évolué, il s’agissait maintenant d’aménager les banques, les restaurants qui remplaçaient les petites épiceries dans les rues de Strasbourg, d’aménager des laboratoires, des bureaux et surtout de participer aux grands travaux des bâtiments du Parlement européen.

Une autre phase s’est dessinée progressivement où les marchés devenaient plus difficiles et où la rentabilité de l’entreprise était mise en question. Paul Meyer a décidé de la dissoudre. L’esprit, la culture d’entreprise tel qu’il la concevait et l’avait fait vivre n’était plus envisageable dans l’économie de marché nouvelle. Il a pu s’assurer que tous les employés avaient retrouvé un emploi.

Ce thème touche beaucoup Paul Meyer qui regrette le temps de l’entreprise à taille humaine qui respectait le travail de tous.

Les ouvriers  n’étaient pas « utilisés » mais qui y trouvaient un lieu de vie et de réalisation de leur savoir-faire et aussi « savoir-penser ». Ils avaient un projet et un lien véritable à l’objet produit, ils étaient fiers de leur entreprise et de leur travail. L’entreprise était un lieu social à part entière où les patrons se sentaient responsables du bien-être psychique, physique, financier de leurs employés et de leurs familles.

Cette culture d’entreprise où l’ « Humain » dans toutes ses dimensions est pris en compte est en voie de disparition actuellement.

Le lien social direct n’existe pratiquement plus, les employés sont interchangeables, les actions de production sont morcelées désolidarisées des actions de commerce.

Les ouvriers ne peuvent plus se sentir acteurs du produit fini. Et enfin, surtout, la responsabilité sociale, financière et psychique est confiée à des instances extérieures à l’entreprise.

Parallèlement à son travail d’entrepreneur, Paul Meyer était  Président  de la Chambre syndicale du Bois du Bas-Rhin, Président de la Confédération professionnelle des métiers du bois (2° transformation), Président de la Chambre française de l’Agencement, de l’ISO (International Shopfitting Organisation).

Il a beaucoup voyagé, cultivé ses relations. Lorsque François Cacheux est parti à la retraite, il est devenu le Président de l’Association des anciens de l’Ecole des Arts décoratifs d’où est partie l’idée de la Villa Rhéna. Paul Meyer est actuellement aussi Commissaire régional pour le Concours du  Meilleur Ouvrier de France.

Le parcours de vie de Paul Meyer est impressionnant. Il est pourtant très humble et ne se met pas en avant en tant que personne car son art semble être surtout un art de relations humaines : en partant de la tradition familiale, il a su cultiver et cultive encore l’art de stimuler, promouvoir les capacités, les talents et de les rassembler, les coordonner pour augmenter leur qualité.

« Sous ses ailes » chacun se sent encouragé à réaliser son projet, à le continuer jusqu’au bout malgré les obstacles et le découragement.

Il découvre toujours et encore des talents et les coordonnent. Il permet de vivre une valeur en perdition: la solidarité.

 On se sent à ses côtés porté par un idéal collectif (et non collectiviste) qui lui vient de sa chaîne générationnelle.


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