Villa Rhena

Un espace d'échange, de coproduction et de promotion
pour les artistes, les artisans et les industriels rhénans.



De l’artisan à l’artiste

OMI Riesterer a évolué dans des mondes très différents. Son père était un homme au sens pratique. OMI admirait sa capacité à ressemeler des chaussures et à jardiner. Il a reçu une fois comme cadeau de Noël une scie. Il était fier de sa scie et a beaucoup travaillé avec. Cette activité lui a appris beaucoup de choses sur sa personne, en particulier qu’il était capable de patience. Son activité préférée alors qu’il était malade alité, était de démêler les écheveaux de laine de sa mère.

Un événement important pour OMI fut la rencontre avec son ami René au lycée. OMI était le protecteur de René face aux autres élèves et René l’a emmené dans sa famille.

Le père de René était Wilfried Perraudin, un français. Il était enseignant d’Art au lycée français de Freiburg et artiste d’Art religieux reconnu ainsi que peintre. OMI avait été obligé de quitter l’école à 15 ans pour commencer un apprentissage de menuisier sur les chantiers. Le changement d’environnement social tout à fait différent  du chantier au lycée était un choc pour OMI .

Rapidement après avoir terminé son apprentissage, OMI s’est décidé à commencer des études d’Architecture. Renforcé par le soutien émotionnel de W. Perraudin, il a réussi à réaliser ce projet. Il a donc passé son baccalauréat et a étudié l’Architecture à la « Technische Hochschule“ de  Karlsruhe.

W. Perraudin lui avait dit :  « Quand tu seras architecte , nous construirons des églises ».

La prochaine rencontre important pour lui fut l’étudiante Barbara Jäger. Son intérêt particulier pour la couleur impressionna OMI.

A partir de ce moment  là commencèrent de longues conversations et un travail commun qui continue encore aujourd’hui. De cette relation sont issus différents projets d’Art dans la construction et trois enfants.

Les différents point de vue artistiques d’ OMI et Barbara se complétèrent : « Nous avons regardé à travers une porte et nous nous sommes demandés à quoi ressemblait l’espace derrière cette porte :

Elle voit l’espace comme s’il était déployé sur un écran comme une surface plane. Je vois tout , je vois l’espace intérieur dans lequel la lumière pénètre, où se trouve le soleil, je vois la hauteur de la pièce, je sais s’il s’agit d’une construction récente ou ancienne. J’ai d’emblée une appréciation de la réalité de l’espace, du lieu et ces aspects ne l’intéressent pas de la même manière. »

Ensemble, ils ont participé à des concours d’Art dans la construction.

OMI a été chargé de cours à l’Université puis il est resté »homme au foyer » pendant 8 ans. Il a utilisé ce temps pour construire sa propre maison et pour l’installation de  son atelier dans l’atelier collectif « Neue Schule ».

A l’origine, c’était l’artisanat qui l’avait forgé. Cela demande une grande discipline : « Ce qu’on a reçu comme plan, il faut le respecter exactement ».

A l’école supérieure d’Architecture, il a appris à concevoir des plans.

En tant qu’étudiant, il devait concevoir des idées sans trop  se soucier de la réalisation concrète sur le plan technique. Il a eu besoin de temps pour se libérer de son imprégnation artisanale.

Actuellement, quand il réalise un objet en tant qu’artiste, il ne se pose plus la question : « Comment est-ce que je vais assembler tout cela ? » mais « Comment vais-je construire quelque chose dans l’espace ? ».

Entant qu’artisan, il n’a pas besoin de concevoir le projet de construction, en tant qu’architecte, il doit le concevoir de manière concrète. En tant qu’artiste, il ne sait pas à l’avance quel résultat il va obtenir quand il a une idée. Je commence quelque chose sans savoir ce qu’il en sortira ».

Ce sont trois mondes dans lesquels OMI doit évoluer.

OMI parle de ses derniers travaux : « Je voulais transformer quelque chose de réel.  J’ai construit une structure. Je voulais la changer  en  incluant des coupures dans les plans de cette structure. Quand je coupe une première fois, cette structure se transforme.

En tant qu’architecte, je peux dessiner avec l’isométrie d’un objet. Mais quand j’ai plusieurs coupures dans les plans d’une structure, je ne peux pas me représenter le nouvel objet qui en résultera. Je dois le construire avec les outils d’un menuisier. Et quand la structure est terminée, je peux alors la dessiner.

En tant qu’artiste, j’ai la liberté de ne pas construire un moteur qui fonctionne mais de construire un objet qui est beau. Ce qui est satisfaisant pour moi et pour les autres.


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