Villa Rhena

Un espace d'échange, de coproduction et de promotion
pour les artistes, les artisans et les industriels rhénans.



Lucien Triponel est né juste avant la guerre en Décembre 1938.

Il a grandi à Rouffach au Sud de Colmar. Son père était instituteur et sa mère au foyer.

Il dit avoir de bons souvenirs d’enfance. Il pense à ceux qui ont vécu le pire pendant cette période.

Pourtant, les émotions brutales pour un jeune enfant n’ont pas manqué. Les soldats allemands  sont venus chercher son père en pleine nuit lorsqu’il n’avait que 5 ans. Il ne l’a revu qu’après la guerre. D’autres soldats, les américains,  se sont installés dans le village. Il se souvient  de sa peur en voyant un énorme char pointé vers sa maison.

La guerre avait des côtés drôles pour les petits enfants quand ils ramassaient des banderoles en aluminium lancées par les avions dans le but de faire diversion.

Lucien parlait alsacien, il était interdit de parler français.  Il a appris à parler le français à l’école plus tard,  comme son petit frère. Quand sa sœur est  née, après la guerre, il était devenu chic de parler français. Les parents parlaient français pour la petite sœur et alsacien  pour ses frères

Le père de Lucien était le directeur de son école primaire. Aucune bêtise de son fils ne lui échappait.

Lucien était enfant de chœur, il se souvient des fastes des mariages, de la visite de l’évêque et du « butin »  de la quête réservée aux enfants de chœur.

Il est allé au lycée le plus proche:   Bartholdi à Colmar.

Le père de Lucien avait un ami architecte, véritable notable, qui possédait une belle voiture. C’est ce métier que Lucien avait décidé d’exercer.

Une réflexion de son père suite à une de ses bêtises de petit garçon lui reste. Il y avait des travaux dans les rues du village et face à un énorme trou, son père lui dit : « Si tu continues comme ça à l’école, tu seras dans le trou au lieu d’être au-dessus pour diriger les travaux et commander les équipes ! ».

Cette scène pourrait avoir été à l’origine de l’envie de construire et de diriger des équipes.

Il était assez bon élève au Lycée : son père avait suivi de près ses études et l’avait encouragé.

La section Mathélem dont il faisait partie représentait l’élite à l’époque.

Lucien se souvient de son professeur de Mathématiques particulièrement stimulant, professeur d’Alfred Kastler, prix Nobel de Physique alsacien  (en 1966). Bon élève, délégué de classe, Lucien ne s’est pas privé cependant de contester joyeusement mais efficacement avec ses camarades la discipline abusive régnant dans le lycée.

Les élèves de cette classe brillante et rebelle se sont retrouvés presque au complet pour fêter les 50 ans du bac.

Pour réaliser son projet, Lucien a choisi l’Ecole de Génie civil de Strasbourg (ENIS devenu ENSAIS puis INSA). Les quatre années d’études ont été intenses : affilié au syndicat des étudiants UNEF, il a terminé en tant que Président des élèves (1962). C’était l’époque de la guerre d’Algérie. La vie d’étudiant passait d’études sérieuses,  de contrôles continus à des manifestations, des assemblées générales, des distributions de tracs sans oublier pour autant les bals du samedi soir  et les sorties joyeuses.

Les jeunes ingénieurs étaient très convoités par les entreprises. Lucien a commencé dans  les Travaux Publics (SATP) mais il lui a semblé indispensable de connaître le travail des ouvriers pour les diriger par la suite. Il a débuté comme  conducteur de travaux.

Ingénieur ensuite, il a  participé à la construction d’autoroutes et d’autres structures que nous connaissons bien dans la région mais aussi ailleurs.

La carrière s’est prolongée par la création d’un bureau d’études à l’origine du Palais des Congrès de Strasbourg. La crise du pétrole des années 75 l’a invité à se tourner vers la branche de l’Immobilier d’entreprise qui a été un nouveau tremplin. Des réalisations de grande ampleur  l’ont l’occupé à cette période. Les mouvements de décentralisation sous Gaston Deferre l’ont amené à proposer aux collectivités locales la construction de « Technopoles  . Ce sont des parcs technologiques en périphérie des villes.  Il a rencontré alors de nombreux maires de grandes villes de France. C’était une des phases riche et passionnante de sa vie.

Il a emmené toute son équipe de collaborateurs alsaciens à Paris, ville plus centrale pour son activité et a poursuivi son parcours au niveau national. Cette équipe est venue lui souhaiter son soixante-dixième anniversaire pratiquement au complet à Strasbourg.

Lucien a initié une nouvelle manière de diriger une équipe, il a eu l’occasion de transmettre cet art du nouveau manager.

La crise de la construction en 90 a ralenti son activité.

Un de ses meilleurs souvenirs est l’expérience de  la construction du Parc technologique de Gennevilliers.

Dans  le souci d’associer la population du quartier, tous les enfants des écoles ont été invités sur le chantier pour des visites et des goûters. Ils ont produit des dessins  et des poésies qui ont été utilisés pour décorer  les enseignes des immeubles et ont fait l'objet de la publication d'un livre de présentation de la Ville de Gennevilliers.  Les meilleurs ont été récompensés ( 50 enfants environ) par un voyage  au Futuroscope de Poitiers en présence du maire .

Les bâtiments, situés au sein d’un quartier dit « difficile », n’ont jamais été dégradés ou tagués!!!!!!!!!!!! Il s’agit d’une belle expérience de respect et de compréhension mutuelle.

 

Sa carrière se termine doucement (pour lui….) à la Société Générale puis "après sa retraite"!!!!  Pour terminer "en beauté" dans une société privée d’investissement immobilier.

Maintenant, c’est en jouant au golf qu’il entretient sa forme.

Son implication dans plusieurs associations alsaciennes permet à la région de profiter de ses talents, de son intelligence et de son dynamisme.

Il me dit qu’à chaque fois qu’il est impliqué dans une association, il est désigné en tant que trésorier.

Eh bien oui ! Où irait-on sans une personnalité qui tient sérieusement et efficacement les cordons de la bourse ?


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