Villa Rhena

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pour les artistes, les artisans et les industriels rhénans.


Louise Fritsch


Louise se dit timide, trouillarde. Elle se décrit comme plus observatrice que participante dans le monde. Elle n’aime pas parler mais elle dessine sans relâche. 

Petite fille, elle n’a pas émis un mot, un son entre 18 et 24 mois. Elle parle avec ses dessins depuis très longtemps.

A l’adolescence, elle s’occupe des animaux délaissés par ses amis et ses frères et sœurs. Elle dessine beaucoup de bandes dessinées très détaillées des heures durant. Son héros préféré, auquel elle s’identifie est Gaston Lagaffe, elle se sent maladroite comme lui.

Elle dessine pour le cathéchisme, pour le journal scolaire, le cours de judo.

Elle dessine avant tout des corps. Elle dessine dans le bureau directement proche de la consultation médicale de son père. A cet endroit se trouvent des revues d’anatomie richement illustrées qui l’inspirent. Elle dessine aussi ses profs qui la tourmentent. Louise ne se sent pas bien à l’école, au collège.

Elle dessine des portraits, des corps en mouvement, des bouches qui crient, des visages qui lui font peur. Elle dessine ses angoisses.

Ses parents l’encouragent et à 16 ans, elle est admise aux cours des Arts décoratifs à Strasbourg.

Elle est tremblante et timide mais apporte une oeuvre déjà très importante.

Elle visite des musées dont la chapelle Sixtine à l’âge de 14 ans. Le jugement dernier avec ses 230 personnages entre le paradis et l’enfer dessinés par Michel-Ange l’impressionne énormément.

 La question que  pose Louise est la suivante :

« On ne sait pas qui on est. De quel côté serait-on dans le chaos ? Serait-ce possible qu’on fasse le mal pour survivre ? »

La peur existentielle est celle de perdre le contrôle de soi, de se perdre soi- même, de rester dans le vide entre l’équilibre et la chute.

Dans ses tableaux, des personnages évoluent en mouvement dans le vide : des mains essaient de s’accrocher et ça ne fonctionne pas.

Peut-être qu’un personnage essaie de rattraper les autres, de les recevoir dans ses bras?

Le retable d’Issenheim à Colmar est une autre rencontre de Louise.Il est tellement horrible et pourtant drôle presqu’amusant.

La crucifixion est son œuvre préférée parce que le personnage du Christ semble porter toutes les souffrances du Monde.

Louise pense à ce qu’elle transmet, à son insu par ses dessins et ses peintures.

« Peindre pour ceux qui n’existent plus, pour ceux qui n’existent pas encore , pour les états qui précédent l’enfance quand on était sans souffle et sans lumière… Comme la musique qui parle de ce que la parole ne peut pas parler en ce sens qu’elle n’est pas tout à fait humaine…..».

Ce texte que Louise a entendu dans le film « Tous les matins du Monde » résonne très juste dans ses oreilles.

On croit entendre la musique qui fait danser les personnages en apesanteur en regardant longuement un tableau de Louise.

L’autre côté de Louise, c’est la gaîté, l’humour.

 Elle dessine des caricatures à la chaîne, jusqu’à 70 en une après-midi.

Dans l’œuvre de Louise, il y a l’angoisse, le déséquilibre, la chute il y a le rire, le gaîté, la liberté du corps dans l’apesanteur.

Il y a la vie en  mouvement perpétuel.



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