Villa Rhena

Un espace d'échange, de coproduction et de promotion
pour les artistes, les artisans et les industriels rhénans.


Carine DOERFLINGER

Artiste plasticienne

Marienstraße 63
76137 Karlsruhe
ALLEMAGNE
post@carine-doerflinger.de
http://www.carine-doerflinger.de/


1960 Naissance à Strasbourg
1992 – 1998 Etudes (sculpture) à l‘Académie des Beaux-Arts de Karlsruhe
Vit et travaille à Karlsruhe depuis 1992


Insolente, Carine Doerflinger, tire la langue, joue avec elle, l'étire, la déforme, la suspend...
Carine Doerflinger a la langue bien pendue. Hypersignifiance: l'oeuvre ploit sous les dires. Non pas seulement ceux qu'elle même apporte, expressions coutumières, clichés, lieux communs, ou paroles intimes: je suis moi aussi convié; j'associe, j'interprète...La nappe mise, je suis autorisé à tirer mes propres mots (maux) du sac. Mais Carine Doerflinger ne tient pas sa langue. Hypertrophiée, celle-ci se répand, s'épanche de façon impudique, voire obscène. Cette langue n'est pas de bois, formée au discours, c'est un organe, charnu, musculeux, difforme et mobile. Physique. Matière qui déborde la parole, la laisse sur le bout de la langue, instable, en suspens...
Concourant à la fois à la déglutition et à la parole, la langue est interstice entre la chair et l'idée, la sensation et la déformation, l'intuition et l'intelligence. Inscrite toute entière, résolument dans ce croisement, l'oeuvre de Carine Doerflinger n'est en rien conceptuelle: la chose conceptuelle, déniant le corps, trop émotif, est faite pour être comprise; et cette compréhension suffit à l'épuiser. Ici, tout au contraire, la pensée est irréductible à l'idée, à un message précis, car elle est trop incarnée. Le corps est partout convoqué dans la langue.
Anatomie: concept de corps.
Le corps est bien l'objet de l'oeuvre, il est à tout moment question de corps. ça parle de corps, ostensiblement: la langue, la bouche...le coeur bien sûr, les poumons aussi, les vaisseaux, artères et veines; la peau, les membres... Mais cette idée de corps, - d'un corps jamais à l'arrêt mais toujours reliant - est constamment éprouvée: Carine Doerflinger met son corps en jeu. L'oeuvre est toujours ouvrage. Couture, suture, tissage, soudure... sa pensée procéde toujours d'une production patiente, obstinée, laborieuse... parfois douloureuse même.
L'émotion qui s'exprime dans les installations de Carine Doerflinger naît du transport entre les images mentales et ses empreintes qui travaille la matière. Tirer la langue d'un pied de long: être dans le besoin, l'attente, le manque. Il n'y a rien à prendre dans ce qui nous est exposé, Carine Doerflinger est l'ouvrière acharnée d'un mouvement de désir.

Bruno Steiner Exposition Château de Bruchsal, juillet 1998.

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