Villa Rhena

Un espace d'échange, de coproduction et de promotion
pour les artistes, les artisans et les industriels rhénans.


Barbara Jäger


Barbara Jäger est née à Schwäbisch Gmünd  dans une famille d’orfèvres. Schwäbisch Gmünd est une ville libre avec une cathédrale gothique, une église romane et de nombreux cloîtres baroques convertis  en partie en musées.

Barbara a passé beaucoup de temps à peindre et dessiner dans son enfance. L’activité artistique était dans sa famille quotidienne et normale. Trois frères de sa mère étaient orfèvres. Les caractères d’écriture et le graphisme étaient des éléments essentiels du travail de son père.

Pendant sa scolarité, ses dons artistiques ont été reconnus et encouragés très tôt. Une enseignante d’Art a remarqué sa capacité à utiliser les couleurs. Barbara ne s’en était pas aperçue  avant et se dit à elle-même : « Alors, si elle le dit, cela doit être vrai ».

Barbara pense encore aujourd’hui qu’il est très important de rencontrer quelqu’un qui reconnaît un don et l’encourage, justement pour les couleurs. « Personne ne sait qu’il est daltonien. Elle avait réalisé une peinture pour la Fête-Dieu  avec des couleurs inhabituelles et très gaies  qui eut beaucoup de succès.

Elle prenait souvent le train pour Stuttgart et peignait dans le musée de la ville et au zoo.

Le souhait de devenir artiste professionnelle s’est affirmé. Un ami l’a aidée à préparer son dossier artistique pour se présenter à une école d’Art. le premier essai à l’école d’Art de la ville de Stuttgart a échoué. Elle s’est donc inscrite à l’école supérieure de pédagogie (avec les spécialités : histoire de l’art et religion) et a envoyé le même dossier pour le semestre d’hiver 1966 à Karlsruhe. Elle a été acceptée à Karlsruhe. Une nouvelle vie commença pour elle loin des parents qui ne comprenaient pas son choix. A Karlsruhe, elle a pu se consacrer aux études et à la peinture.

En 1970, elle fait la connaissance de OMI Riesterer au restaurant universitaire.

«  Il m’a proposé une promenade mais j’avais une peinture commencée sur le chevalet et je suis allée la terminer, c’était le programme que j’avais prévu » dit-elle.

OMI a compris son choix et l’a respecté. Un couple d’artistes s’est formé puis une famille avec trois enfants. Barbara est devenue enseignante et OMI s’est occupé des enfants, a construit la maison familiale et a rénové un ancien atelier d’artisan en atelier d’artistes « Neue Schule » à Karlsruhe. Une vie pour l’Art et avec l’Art a pu devenir réalité. Ce projet a demandé beaucoup de forces, de ténacité, de patience et de foi. 3ce n’est pas une vie confortable mais passionnante » dit Barbara.

Les discussions qu’elle avait avec OMI sur le thème de l’Art pour l’Architecture lui avaient montré qu’elle pouvait envisager un travail en commun. Il venait de l’Architecture et de l’Artisanat et elle venait avec des couleurs et des formes. Dans le grand immeuble ancien qu’ils habitaient, ils se sont pris le temps de parler de leurs projets et ont apprécié cette période. Ils se sont concentrés sur les projets, leurs plans tapissaient le couloir. Il en est aujourd’hui toujours comme au commencement : OMI vient le soir dans l’atelier de Barbara, il s’assoit dans le fauteuil et ils se parlent de leur travail et de leurs projets.

3si nous avons un projet pour une église, nous commençons par aller la visiter. Nous ne disons rien, nus regardons tout exactement, nous nous asseyons quelque part et chacun de nous dit ce qui lui vient à l’esprit.  «  C’est vraiment une démarche intéressante et passionnante, c’est un enrichissement ».

Pendant sa formation, le professeur Walter Herzger, un ancien étudiant de Paul Klee, s’est intéressé à ses dessins au fusain et à la mine de plomb. C’est encore une personne qui avait remarqué ses dons et lui a donné le courage d’évoluer.

Horst Antes fut plus tard une autre personne qu’elle prit comme exemple. Son influence l’a amenée à des formes plus concrètes à l’opposé de l’Art de Barbara.

Barbara a suivi ensuite son propre chemin artistique. Les influences naturelles sont pour elle importantes. Elle ne pourrait jamais peindre des tableaux tristes, noirs et violents. Elle trouve passionnant d’être devant une toile blanche. Elle ne sait jamais d’avance ce qu’il va se produire. « Je commence une trace avec un pinceau coloré, j’obtiens alors quelque chose de brut que je regarde bien et là je vois dans quelle direction cela me conduit, ou alors j’y intègre consciemment un élément.

Les thèmes de Barbara se répètent : des fauteuils, des oiseaux, des cerises, des arbres, des escargots. Ce ne sont pas les objets qui ont de l’importance mais l’atmosphère qui naît à partir du tableau. On ne doit pas chercher la symbolique des objets, c’est la couleur qui est essentielle.

Le travail avec OMI l’enrichit. Pour le projet dans une bibliothèque de jeunesse dans le « prinz Max palais », il y avait un problème : « Nous avions un espace à remplir ; Nous avons lancé un ruban en l’air et ce ruban est devenu notre thème. Le ruban a changé de matérialité : il est devenu eau, de l’eau pour un bateau, puis pour un arrosoir. Il est devenu fumée, et une pomme est venue s’y amuser. »

Barbara ne pourrait pas vivre et travailler avec un peintre. Elle a besoin du savoir de OMI et de savoir faire sur l’espace, de ses capacités de technicien. C’est un partenaire qui la complète et représente un pôle inverse d’elle-même.

Lorsqu’elle était jeune mère, elle est partie en voyage en Egypte. Elle a visité des sépultures colorées et a été très impressionnée par l’intensité  bleue du ciel.

Elle s’est sentie comme une reine de la peinture et a réalisé un tableau sur ce thème.

C’est vraiment une belle représentation de Barbara qui lui convient parfaitement.



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